1 – Parce que ce Batman-là inspire vraiment la peur
Pour trouver une version de Batman crainte par la pègre, les malfrats et même la police, il fallait se pencher sur la version du personnage campée par Robert Pattinson dans The Batman, ou encore celle proposée par Ben Affleck dans Batman vs Superman. Désormais, on a une autre alternative avec Batman : Caped Crusader et une saison 2 beaucoup plus sombre pour le Chevalier Noir.
Batman est violent et n’hésite pas à employer les grands moyens pour arriver à ses fins. Il est économe de mots, beaucoup même, contribuant à rendre son personnage taiseux, énigmatique et peu enclin à faire passer une émotion. Il n’est pas indestructible, loin de là et il saigne même beaucoup dans cette saison 2, où les morts se comptent en pagaille. Des gens vont finir renversés par une voiture, jetés du haut d’un toit ou encore embrochés sur l’étoile du sapin de Noël de Gotham.

Caped Crusader épouse toutes les strates du polar noir et dépeint un quotidien terrible pour la ville, ce qui n’est pas pour déplaire, au contraire. Au final, celui qui pâtit un peu de tout ça, c’est… Bruce Wayne. L’identité réelle de Batman et son alter-ego milliardaire sont beaucoup moins mis en avant ou ne serait-ce que développés, hormis le temps d’un épisode, ce qui fait un peu maigre tout de même.
2 – Parce que la série offre une réécriture intéressante des méchants de Batman
En cela, la saison 2 ne déroge pas à la règle établie par la précédente, qui avait vu notamment le Pingouin épouser une représentation féminine, parmi les choix les plus marquants faits à l’encontre des vilains de Gotham City. L’idée étant de ne pas faire un copier-coller des méchants déjà connus dans Batman : la série animée, dont s’inspire grandement dans l’esthétique Caped Crusader, il fallait donc bien faire un gros travail de réécriture les concernant. On mettra le Joker de côté, parce qu’on lui a consacré une partie entière quelques lignes plus bas.

Dans sa construction et même si elle suit deux histoires en fil rouge, à savoir celle autour de Rupert Thorne et la menace grandissante du Joker, Caped Crusader propose un développement finalement assez proche de ce qu’avait établi Batman : la série animée il y a plus de trente ans, à savoir établir un méchant différent à (presque) chaque épisode. Parfois, la version proposée est loin du standard de base. On pense à Edward Nygma, qui n’a de vert que son costume et de mystérieux son langage. L’Homme-Mystère ne fait pas dans l’énigme ici mais adore plus que tout cribler de balles ses ennemis et tromper son monde, y compris ses alliés, qu’il n’hésite pas à sacrifier quand il l’exige nécessaire. Tout le monde n’applaudira pas le choix de Bruce Timm concernant la nature et l’origine du Sphinx mais cette réécriture rend le personnage moins caricatural et plus dangereux, une vérité que le Joker partage également dans cette saison 2.

La série offre aussi des clins d’oeil aux versions passées de certains méchants. On pense à Mister Freeze, qui est appelé ici par son véritable nom de scène, Mr Zero, le nom de Freeze et son background tragique lui avait été attribué en 1992, grâce à Batman: la série animée. Le look du Joker rappelle ses toutes premières apparitions dans les comics Batman. Le Chapelier Fou voit son origin story être totalement changée ici, puisqu’il s’agit de l’animatrice de talk-show Hattie Tetch et, honnêtement, la façon d’opérer avec ce personnage est des plus réussis. Harley Quinn est de retour et elle revient dans l’un des meilleurs épisodes de la saison, qui la voit s’opposer aux côtés de Batman à l’Epouvantail, qui arbore un masque différent de celui qui est le sien habituellement et ce dernier le rend encore plus flippant. Enfin, même certains méchants secondaires gagnent en intérêt : on pense notamment au policier véreux Flass, présent sur la quasi-totalité des épisodes. Sans oublier, toujours, la présence de méchants encore jamais vus dans les séries animées Batman et notamment le personnage de Rose et Thorn, une seule et même femme, mais souffrant de troubles dissociatifs de la personnalité et encline à se venger. De qui ? Vous verrez. En tout cas, le penchant de son alter-ego maléfique pour les plantes (Thorn veut dire épine en français) pourrait bien nous teaser l’arrivée prochaine d’une certaine Poison Ivy…
3 – Parce que ce Joker-là fait partie d’ores et déjà partie des meilleurs
Il faudra un jour établir un classement des meilleures versions du Joker portées sur petit et grand écran. Jack Nicholson, Joaquin Phœnix, Jared Leto… tous ont marqué leur époque et leur public en bien, en très bien ou en très mal aussi. Mais il est évident encore aujourd’hui que les meilleures versions pour beaucoup sont celles d’Heath Ledger dans The Dark Knight de Christopher Nolan et celle présentée en 1992 dans Batman : la série animée.
Cela tombe bien, une des têtes pensantes derrière le Joker de l’époque, Bruce Timm, est toujours là dans Caped Crusader et le Joker de cette saison 2 est véritablement la meilleure chose de ses dix épisodes. Voire, un des personnages les mieux écrits de l’année, à date. On était habitué à un Joker clownesque, goguenard, toujours prompt à rire de tout et à transformer une mauvaise blague en crime.

Là, le Joker est un truand psychopathe qui veut « éduquer » Batman et le briser autant moralement que physiquement, en lui faisant comprendre que Gotham ne pourra jamais être sauvé. Le rire diabolique qui accompagne d’ordinaire le personnage n’existe pas ici. Le Joker est celui qui tire presque toutes les ficelles depuis le début. Il est méthodique, minutieux, n’est pas chétif et tient tête à Batman dans tous les domaines. Il n’arbore plus son célèbre sourire. Il le grave sur le visage de ses victimes, qui une fois pris d’une crise de fou rire, se transforme en monstres psychotiques assoiffés de sang et de chair humaine après avoir inhalé une toxine. On est loin du gaz marrant que l’intéressé nous propose d’habitude. Son introduction, sa posture et son discours offrent véritablement une conclusion dantesque à la série. Et preuve, s’il en fallait encore une, de son charisme, ce Joker, on a vraiment hâte de le revoir.
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